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Un patrimoine syncrétique
Châteaux et forteresses de l’époque des
Croisades
Projet de coopération européen bénéficiant d’un soutien de la part de la Commission européenne dans le cadre du programme « Culture 2000 »
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Témoins de luttes et d’échanges, certaines forteresses, bâties dans l’Orient méditerranéen à l’époque des Croisades par des Francs, des Grecs (Byzantins), des Arabes, des Arméniens ou des Turcs, sont aussi révélatrices d’une diffusion de savoir-faire qui fut décisive dans l’art de bâtir, et dans la façon dont ont évolué les techniques de défense et d’attaque des fortifications en général. Ces édifices représentent aussi, de façon plus générale, l’émergence d’une pensée technique commune, qui a redécouvert les savoirs technologiques et scientifiques de l’Antiquité, et a intégré les emprunts respectifs des belligérants dans leur course à l’armement, dans un vaste mouvement d’échange d’expérience et de technologie. Ces fortifications, qui cumulent les apports de diverses cultures, ont donc été de véritables laboratoires d’innovation technique, et ces lieux d’affrontement, des foyers de contacts et d’émulation entre les différentes communautés en présence.
A la lumière des récentes avancées historiques, il paraît nécessaire, aujourd’hui, de poursuivre la recherche et de proposer une interprétation nouvelle de ce type de monuments. La culture scientifique et technique devenue commune, aboutissant à une relative fusion des styles dans la réalisation des forteresses, est au cœur de ce projet ; il vise à mettre à jour les connaissances relatives à l’art de bâtir dans les forteresses méditerranéennes, à l’époque des Croisades.
Le projet est articulé en deux volets : approfondir d’une part une recherche existante, et diffuser d’autre part une nouvelle interprétation de ce type de monuments. La constitution d’un réseau contribuera à la diffusion et à la valorisation de ce patrimoine témoin d’un syncrétisme méditerranéen, auprès de la communauté scientifique et du grand public.
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Activités prévues
- Une rencontre méthodologique, qui se tiendra du 26 au 28 janvier 2007 à Aigues Mortes en France, permettra d’approfondir le concept de "patrimoine méditerranéen syncrétique", et d’élaborer une méthode de travail. Les co-organisateurs et un certain nombre d’experts internationaux identifieront les monuments les plus significatifs des échanges techniques entre les XIIe et XIIIe s. En outre, seront déterminées au cours de cette rencontre une méthodologie à appliquer aux actions pilotes destinées aux deux monuments choisis, ainsi que les conditions de création d’un réseau euro-méditerranéen.
- Une action de formation sur le terrain (action pilote) qui se tiendra au château du Krak des Chevaliers en Syrie. La formation de jeunes professionnels et de chercheurs syriens (architectes, conservateurs, archéologues…) sous la direction de spécialistes français, italiens, grecs et syriens sera structurée en trois volets:
- Campagne de production de connaissance dans le domaine patrimonial technique, encadrée par les experts du projet en mission sur place. La grille de description établie au cours de la réunion d’Aigues Mortes sera appliquée aux deux monuments choisis;
- Mise au point d'une nouvelle approche de communication culturelle pour les châteaux, sur la base d’une lecture scientifique approfondie et d’une interprétation renouvelée du monument. Ce volet sera destiné plus spécifiquement au personnel en charge de l’accueil des visiteurs;
- Atelier centré sur la méthodologie d’établissement de plans de gestion par rapport aux deux monuments choisis. Ces plans prévoient et programment, selon une approche concrète et opérationnelle, les multiples dimensions à prendre en compte dans la gestion quotidienne et à long terme du monument (étude scientifique, contenus et communication culturels, accueil et gestion des visiteurs, programmation des travaux d’entretien et d’aménagement, plans et sources de financement, …)
- Création d'un réseau permanent de châteaux et forteresses de l'époque des Croisades particulièrement représentatives des échanges techniques entre Orient et Occident. Les partenaires travailleront ensemble à la constitution de ce réseau qui permettra à moyen terme une intensification des échanges techniques et scientifiques sur la thématique de ce patrimoine méditerranéen commun, de monter des projets communs, et, de manière générale, d’initier un nouveau regard sur ce type de patrimoine.
- Une exposition itinérante permettra de présenter l'approche du projet et de diffuser ses résultats, en réunissant pour la première fois tous les membres du réseau. Cette exposition sera inaugurée en Syrie à l'occasion du séminaire final.
- Un séminaire final organisé en Syrie, à Damas, permettra de présenter l'approche du projet et de diffuser ses résultats, en réunissant pour la première fois tous les membres du réseau et l'ensemble des partenaires.
Objectifs du projet
Objectif général
Démontrer l’existence d’un patrimoine technique partagé et élaboré en commun entre l’Orient et l’Occident médiéval et en favoriser la diffusion auprès de la communauté scientifique et du grand public en Europe, en Syrie et dans l’ensemble des pays euro-méditerranéens.
Objectifs spécifiques
- Elaborer, améliorer et diffuser une connaissance historique et technologique communes, à travers des échanges d’expériences et de meilleures pratiques entre spécialistes européens, syriens mais aussi libanais, égyptiens et jordaniens.
- Appliquer et diffuser cette nouvelle approche pour deux monuments, grâce à des activités de formation de jeunes cadres du patrimoine : les activités de formation vont permettre une meilleure connaissance des monuments (campagnes d’analyse), une requalification du contenu de la visite de ces deux sites, et une amélioration des modalités de gestion.
- Diffuser la connaissance et les expériences menées dans le cadre du projet:
- vers le grand public à travers la mise en place d’une exposition itinérante, d’une brochure grand public et d’une publication spécialisée;
- vers la communauté scientifique à travers l’organisation d’un séminaire final
- Pérenniser les résultats par la création d’un réseau euro-méditerranéen, qui permettra de diffuser les connaissances et expériences menées dans le cadre du projet, et de transférer cette réflexion à d’autres biens similaires.
Résultats attendus à long terme
- Encourager, à travers cette initiative, les échanges de coopération culturelle entre le Proche-Orient et l’Union européenne, et renforcer les échanges d’expérience et de meilleures pratiques entre techniciens, historiens et professionnels du patrimoine européen et syrien;
- Favoriser une nouvelle approche à l’égard de ce type de patrimoine en Europe et dans le bassin méditerranéen ;
- Susciter, grâce à des actions pilotes, de nouvelles vocations pour les métiers du patrimoine en Syrie et favoriser la formation des cadres et spécialistes syriens en matière de gestion du patrimoine;
- Promouvoir une mise en valeur pour le tourisme culturel de ces monuments par l’approche apportée par le projet ;
- Favoriser la présentation d'une candidature commune des biens particulièrement significatifs de ce patrimoine sur la liste du Patrimoine mondial.
Coopération des co-organisateurs
Tous les partenaires, co-organisateurs et partenaires des pays tiers, travailleront ensemble à la définition méthodologique du projet et à la conception des actions pilotes sur les sites de Qal’at Salah el Din et du Krak. La Section française de l’ICOMOS, en qualité de chef de file, assurera la coordination du projet et sera chargée plus particulièrement de l'organisation de la rencontre d'Aigues-Mortes et des actions pilotes. L'Ecole d'Avignon et l'Université de Liège porteront leur contribution en particulier sur la mise en place de la formation. Le partenaire italien sera chargé de l'organisation du séminaire final. Le partenaire grec sera chargé de l’organisation de l'exposition itinérante et de la plaquette d’information liée à l’exposition. La Syrie contribuera non seulement à la conception du projet, mais également à sa réalisation pratique à travers un appui logistique et administratif aux actions de formation.
Valeur ajoutée de cette coopération au niveau européen
- Cette coopération, en mettant en lumière des phénomènes qui, alliant foi et guerre, ont mené à l’édification de monuments de synthèse témoins d’échanges entre Grecs (Byzantins), Arméniens, Arabes et Francs, permettra une certaine pacification par rapport à un type de discours qui oppose les pôles occidental et oriental de la période des Croisades. Les apports du projet feront prendre conscience d’une construction simultanée et équilibrée des innovations militaires, stratégiques et architecturales dans l’Orient méditerranéen. Le développement d’un sentiment d’appartenance à une communauté euro-méditerranéenne qui a été nourrie d’aspects historiques interculturels devrait renforcer cette compréhension mutuelle et cette conscience d’apports réciproques entre cultures.
- Le projet permettra également une approche scientifique et méthodologique croisée, par des spécialistes des deux rives de la Méditerranée, vis-à-vis de questions concernant tous les gestionnaires de sites historiques et s’appliquant ici à un patrimoine partagé.
Les bénéficiaires du projet
- La Syrie par la réalisation d'actions pilotes sur deux de ses monuments les plus représentatifs: elle bénéficiera de l’approfondissement des connaissances concernant ces forteresses, de l’établissement d’un nouveau type de communication diffusée par le projet, de la mise en valeur de ces monuments, ainsi que des retombées économiques liées au développement du tourisme culturel,
- Les communautés locales et le public européen (notamment ceux qui visiteront les sites), qui pourront profiter d’une meilleure compréhension du dialogue interculturel qui a engendré ces monuments;
- La communauté scientifique internationale, qui bénéficiera du renouvellement du discours sur ce type de constructions.
Chef de file
Section française de l’ICOMOS, France.
Co-organisateurs
Ecole d’Avignon, France ; la Soprintendenza per i Beni Architettonici e Paesaggistici della Provincia di Bari, Italie ; The Hellenic society for the preservation of the cultural heritage and the environment, Grèce ; Université de Liège (ULG ) - Service d’Assyriologie et d’Archéologie de l’Asie Antérieure, Belgique.
Partenaires au niveau national
Ministere de la Culture - Direction Général des Antiquités et des Musées de la République Arabe Syrienne.
Centre des Monuments Nationaux, France.
Partenaire associé
Direction régionale des affaires culturelles (DRAC) du Languedoc-Roussillon, France.
Institutions ayant participé au financement du projet
Direction régionale des affaires culturelles (DRAC) du Languedoc-Roussillon, France.
Région Languedoc-Roussillon, France.
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